Table of Contents
Table des Matières

6000+ personnes ont trouvé leur job sur talent.io

Nous serions ravis de t’aider à trouver le job que tu mérites ! Pas de spam, juste des offres sur-mesure qui correspondent au rôle et au salaire que tu recherches.

Recevoir des offres

Pour t’aider, on a discuté avec 3 VPs puis réuni leurs conseils dans cet article qui te permettra de te projeter dans ton futur rôle.

Nos invités :

  • Lucie Semmau est Deputy Chief Technology Officer de Bridge, une solution de paiement SaaS qui s’appuie sur l’open banking. Après 3 ans d'expérience à l'étranger (Dubaï), elle évolue désormais dans l'univers fintech depuis 7 ans. Elle a occupé différents postes à responsabilités dans la communication avant de basculer côté tech et de gérer un équipe technique d’une quarantaine de personnes.
  • Nicolas Tricot est VP Engineering de Padok, une agence Cloud et Devops,  depuis 2021. Une douzaine de personnes sont sous sa responsabilité. Auparavant, il a été développeur backend pendant une dizaine d’années puis chef de projet pour Viadéo, Engineering Manager chez BlaBlaCar et Head of Engineering de BackMarket. Il est également membre de Tech.Rocks.
  • Cyrille Alleg est VP of Software Engineering de la solution de contract management Concord Worldwide depuis 2017. Il dirige une équipe d’une quarantaine de personnes à Paris et le double à San Francisco. Il a plus d’une quinzaine d’années d’expérience dans le développement, le coaching agile ou le management d’équipes tech.

1. Lead, Manager, Director, VP… Quelle progression possible en tant que développeur ou développeuse ?

Avant de passer aux conseils pratiques, commençons par la big picture : quels sont les différents parcours possibles quand on se lance dans une carrière dans le code ? Réponse synthétique : il y en a trois.

Les trois chemins de carrière pour un·e dév 

  • La voie managériale

C’est la plus évidente et celle qui est perçue comme la plus prestigieuse (même si elle n’est pas adaptée à toutes les personnalités). C’est celle qui mène au rôle de VP engineering ... et dont on va parler en détail aujourd’hui !

  • La voie de l’expertise

Ici, il n’est pas question de gestion de personnes mais d’approfondissement de l’expertise technique, en tant que contributeur ou contributrice individuel·le.

Certaines personnes pensent - à tort - que cette voie est moins valorisée que le management. Elle pourtant toute aussi essentielle et épanouissante… et c’est d’ailleurs le sujet de la prochaine édition du talent club.

  • La voie entrepreneuriale

Enfin, il est aussi possible de s’orienter sur un troisième chemin en optant pour la création d’entreprise. Les profils techniques sont en effet des membres indispensables d’une équipe complémentaire de fondateurs ou fondatrices. C’est une façon de devenir CTO sans attendre !

  • Bonus : les métiers connexes

Dernière possibilité : quitter le dev’ et se convertir à des métiers liés directement à la tech. Nous avons parlé récemment de la transition vers le monde du product management. Mais on peut aussi penser à des fonctions commerciales ou autour de la donnée.

Bien entendu, les parois entre ces voies sont perméables et il est tout à fait possible de passer de l’une à l’autre à des moments différents de sa carrière.

Le parcours carrière de la voie managériale

Aujourd’hui, nous allons logiquement nous pencher sur la voie managériale, celle qui mène à un poste de VP Engineering.

Pour commencer, il est intéressant de regarder les parcours carrière (career paths ou tracks) proposés par les entreprises.

Un parcours carrière est un outil créé en général par l’équipe RH afin de lister les différentes étapes de carrière de leurs employés, ainsi que les conditions d’accès. Cela permet aux employé·es d’avoir une idée des évolutions possibles dans l’entreprise et de se projeter dans le futur.

Certaines entreprises partagent publiquement leurs parcours carrière (plein d’exemples sur https://progression.fyi/). Regardons par exemple le cas de Brandwatch qui a été très bien documenté par leur VP.

Le parcours carrière de Brandwatch

Bien entendu, les intitulés de poste, les manières de progresser ou les compétences requises varient d’une entreprise à l’autre. Mais ce schéma représente une forme de standard. À savoir :

  1. Tout commence par une expérience de contributeur/contributrice individuel·le junior pour quelques années
  2. Arrivé·e à un certain niveau d’expérience, tu devras faire le choix (non rédhibitoire, on le rappelle) de devenir un·e expert·e ou un·e manager
  3. Si tu choisis la voie du manager, il te faudra passer par les cases Engineering Manager (direction d’une équipe) puis Director/Head of Engineering (direction de managers d’équipe) avant d’atteindre ton objectif de VP Engineering (direction de managers de managers !)

Tu peux accéder au parcours carrière détaillé de Brandwatch ici.

Suis-je fait pour devenir manager ?

Bonne question à se poser à ce stade ! C’est d’ailleurs pour cela qu’on t’a indiqué les différentes perspectives d’entrée de jeu. Tout le monde n’est pas fait pour ou ne veut pas être manager… et ce n’est pas un problème (au contraire).

Les entreprises ont autant besoin de profils manager que de profils experts. Il y a de la place pour tout le monde. L’important étant d’être à l’aise dans ses fonctions au moment où on les exerce. Il n’est ainsi pas rare de voir des VP Engineering devenir contributeurs individuels à un moment de leur carrière. Ou des expert·es embrasser la voie managériale sur le tard.

Pour t’aider à mener ta réflexion, sache que si :

  • le code et la technique ne sont pas les seuls aspects de ton métier qui te passionnent
  • les relations humaines, les réunions, la gestion des problèmes au quotidien et les discussions avec les parties prenantes ne te déplaisent pas
  • l’exposition et les responsabilités sur des sujets que tu ne maîtrises pas à 100% t’intéressent

… alors, les signaux sont plutôt favorables pour s’orienter vers le management. Pour aller plus loin, on t’a d’ailleurs concocté ce Job Matcher, un outil pour aligner tes motivations et tes choix de carrière.

Si tu hésites encore, alors on t’invite à découvrir la suite de l’article pour découvrir l’envers du décor du quotidien d’un·e VP Engineering.

2. Que fait (concrètement) un·e VP Engineering ? 

Devenir VP Engineering est une ambition pour beaucoup.  Mais, au-delà du titre, qu’est-ce que cela implique réellement ?

“C’est un métier de relations humaines où tu passes beaucoup de temps à faire des réunions”, sourit Lucie Semmau. “Il faut savoir constamment détecter les problèmes, et trouver les moyens de les résoudre”, affirme de son côté Cyrille Alleg. Des problèmes qui sont souvent bien éloignés de l’aspect technique.

Preuve en est avec Lucie Semmau qui partage un aperçu d’une de ses journées :

  • Participation à un comité pour prendre une décision sur un sujet tech très précis
  • Appel avec un fournisseur américain pour négocier le prix d’un outil de débogage
  • Négociation d’un budget pour recruter une nouvelle personne dans l’équipe
  • Entretiens d’embauche
  • Co-construction de la roadmap tech avec les engineering managers

Un véritable rôle de couteau suisse capable de naviguer entre différentes parties prenantes (sales, marketing, support, tech, legal, direction etc.). D’après nos interviewés, 3 grandes missions se dégagent de ce rôle.

“Il faut pouvoir anticiper le futur afin de ne pas subir l’évolution du marché ou de la boîte”
Nicolas Tricot, VP Engineering de Padok

A) Management et supervision

En tant que manager de managers, le premier enjeu pour un·e VP engineering est évidemment l’équipe tech. “Je suis responsable de son épanouissement afin qu’elle puisse faire son travail efficacement”, indique ainsi Cyrille Alleg. Nicolas Tricot poursuit : “Mon rôle est de faire grandir les personnes de l’équipe en les mettant dans les bons endroits pour développer leurs compétences”.

Cette première casquette recèle de responsabilités très variées :

  • Gestion des conflits
  • Choix de l’outillage (comme la mise en place de solutions de workflow de développement, d’incident management, de release management, de ticketing etc.)
  • Définition de l’organisation et de la manière de travailler des équipes
  • Communication sur les objectifs et la vision de l’entreprise
  • Définition des plans et des évolutions de carrière
  • Gestion de la performance

“Les développeurs sont tellement sollicités sur le marché que si tu ne fais pas attention à tout cet aspect lié à la culture et aux manières de travailler, tu vas avoir des problèmes de turn-over”, précise Cyrille Alleg. “Généralement, une personne rejoint ou quitte une boîte pour ou à cause du manager. C’est pourquoi ce sont des rôles clés”, estime Lucie Semmau.

B) Recrutement

C’est un peu le prolongement du point précédent. Le ou la VP Engineering est certes aidé·e par l’équipe talent acquisition sur ce sujet, mais il faut quand même participer à l’élaboration du process de recrutement, de la grille salariale, du parcours carrière ou de la marque employeur de l’entreprise. Cela implique, par exemple, de rendre visible ses bonnes pratiques dans l’écosystème (articles, conférences etc.). Sans oublier la participation aux entretiens également ! 

C) Stratégie

“Il faut pouvoir anticiper le futur afin de ne pas subir l’évolution du marché ou de la boîte”, résume Nicolas Tricot. “Avant, en tant qu’Engineering Manager, j’étais responsable de mon scope fonctionnel. Aujourd’hui, étant VP, l’échelle est bien plus vaste puisqu’il s’agit de l’ensemble de l’entreprise.”

Exemple concret : l’organisation envisage de se lancer à l’international. Il faut donc devancer les enjeux techniques comme le système de paiement, la scalabilité de l’infrastructure, l’intégration de nouveaux fournisseurs etc. “Tu descends un peu moins bas dans le concret, ce n’est pas toi qui va “faire”, poursuit Nicolas Tricot. Tu es plus dans une position d'hélicoptère : tu prends de la hauteur pour t’assurer que tout est sous contrôle mais en creusant parfois plus précisément certains enjeux”.

3. Quelles sont les qualités nécessaires pour devenir VP engineering ? 

Spoiler : les talents de dev’ n’ont plus d’importance à ce stade. “Tout l’enjeu est en effet de réussir à prendre du recul par rapport à l’opérationnel pur”, constate Lucie Semmau, qui n’était d’ailleurs pas développeuse elle-même auparavant.

Chez Brandwatch, la connaissance technique n’est ainsi que l’une des 15 compétences que doit maîtriser un VP Engineering. L’influence, le mentoring, la capacité à aboutir à des consensus ou à gérer des conflits, la vision, la communication ou encore l’authenticité sont tout aussi essentiels à un VP que la connaissance technique. On t’invite à jeter un oeil à leur doc, c’est super détaillé.

Un aperçu de la palette de skills non-tech nécessaires pour être VP Engineering chez Brandwatch (clique ici pour voir l’ensemble des compétences nécessaires).

Regardons de plus près quelques qualités évoquées par les personnes interviewées.

“Lors du recrutement d’un·e manager, on va porter une grande attention à sa capacité à vulgariser et à transmettre sa connaissance de façon claire et simple”
Christine Metaillier, team lead France Tech Recruiters & Sourcers de talent.io

A) La communication

“C’est la principale qualité que je regarde,” lance d’emblée Nicolas Tricot. “Ce qui signifie concrètement 1) être à l’écoute des autres, 2) rester placide et ne pas s'emporter facilement et 3) arriver à faire passer efficacement un message.”

Un avis partagé par Christine Metaillier, team lead France Tech Recruiters & Sourcers chez talent.io : “Lors du recrutement d’un·e manager, on va porter une grande attention à sa capacité à vulgariser et à transmettre sa connaissance de façon claire et simple”. Ce qui peut se rapprocher de la capacité à avoir de l’influence, aussi bien en interne qu’en externe.

B) L’adaptabilité

“Si tu ne t’intéresses pas à ce qui t’entoure, tu es mort !” confie Cyrille Alleg. Une notion qui sous-entend une faculté de veille et de vision stratégique. Lire, participer à des meetups ou des conférences, côtoyer d’autres leaders, connaître les différents métiers et domaines de son entreprise… Voici quelques façons de rester en prise directe avec les meilleures pratiques du moment. Et de forger ses convictions, nécessaires aux prises de décision inhérentes à ce rôle.

Les mauvais·es managers sont en effet des personnes qui restent bloquées dans leur réflexe d’ex-opérationnel. Et qui ne sont donc pas capables de donner un arbitrage ou d’avoir le sens des priorités.

C) La capacité à entraîner les autres 

Une faculté comprise dans le terme de leader. “Cela demande notamment des qualités d’organisation et d’empathie, en donnant le bon niveau d’informations en fonction du public concerné”, assure Lucie Semmau. “Mais aussi d’implication et de volonté : il faut des personnes qui ont la gnac !”

En tant que bras armé du CTO, le ou la VP Engineering doit effectivement tirer son équipe vers l’avant et vers le haut. Le coaching des managers fait partie de ses attributions. Son énergie et ses principes doivent ensuite se répandre dans l’organisation.

Comment monter en compétences ?

Comme nous venons de le voir, les qualités nécessaires pour gravir les échelons de la voie managériale sont clairement du domaine des soft skills. Des compétences qui s’apprennent via des formations mais aussi et surtout avec du temps, de l’expérience… et de l’envie !

Dans un article qui retrace ses 10 premières années de carrière, de junior software engineer à engineering manager au sein de BackMarket, Jean-Charles Sorin raconte “qu’il aimait exposer et défendre des sujets d'ingénierie pour l'équipe” alors qu’il n’était pas encore manager. Autrement dit, il faut se projeter dans le rôle avant de l’occuper. Et ainsi montrer qu’on a l’appétence pour y arriver.

“Il faut s’appuyer sur les personnes qui ont les postes qu’on envie, en interne ou dans d’autres entreprises. C’est la meilleure manière d’apprendre et de progresser”
Lucie Semmau, Deputy CTO de Bridge

Autre conseil pratique : s’inspirer des autres et être proactif sur son évolution. Cette montée en compétences progressive ne peut en effet pas se faire seul. “Il faut s’appuyer sur les personnes qui ont les postes qu’on envie, en interne ou dans d’autres entreprises,” explique Lucie Semmau. “C’est la meilleure manière d’apprendre et de progresser.”

Comment ? Via Linkedin, Twitter ou des communautés de tech leaders comme Tech.Rocks, The Lead Developer, CTO Craft ou Rand’s Leadership group. Ou en faisant appel à un·e coach, soit dans son réseau, soit via des plateformes comme Plato par exemple. Une manière de lutter contre le syndrôme de l’imposteur… que toutes les personnes interrogées ont ressenti à un moment ou un autre de leur carrière ! Sous-entendu : c’est normal de ne pas se sentir à sa place, notamment au début

4. Les frustrations à anticiper pour les futur·es VP Engineering

Pour dresser un portrait complet et non (trop) idyllique du rôle de VP Engineering et afin que tu puisses prendre tes décisions de carrière en connaissance de cause, concluons par quelques frustrations à anticiper dans un rôle de VP Engineering. 

A)  Fini le code

Si ta passion véritable c’est le dév’, alors ne te pose pas de question et prend la voie de l’expertise! Car, en tant que manager, “plus tu vas monter en hiérarchie et plus tu vas t’éloigner du code”, confirme Lucie Semmau. “Tu peux garder un pied dedans pour maintenir tes connaissances mais il faut faire le deuil du statut d’expert technique”, confirme Nicolas Tricot.

Ce dernier évoque une autre frustration associée : “Contrairement au développement, la valeur que tu apportes au quotidien est moins tangible. Le résultat de tes actions ne peut se voir que des mois voire des années plus tard !” Ce que son ex-collègue Jean-Charles Sorin nomme le “travail invisible”.

“C’est à toi de répondre à tes propres questions. Si tu n’es pas résilient, oublie ce poste !”
Cyrille Alleg, VP of Software Engineering de Concord Worldwide

B) La solitude

“C’est à toi de répondre à tes propres questions. Ton entreprise a un enjeu avec des clients ? C’est ton problème,” confie Cyrille Alleg. Avant de conclure : “Si tu n’es pas résilient, oublie ce poste !”

“On vient en effet tout le temps te voir pour des problèmes à résoudre, ce qui peut devenir pesant à la longue”, acquiesce Nicolas Tricot. Sachant que plus tu prends des responsabilités et plus il est difficile d’avoir du feedback honnête et transparent sur ton action. Ton équipe ou ton entourage peuvent, même inconsciemment, ressentir une forme de gêne à te parler avec franchise. D’où l’importance d’avoir un cercle de pairs pour pouvoir s’épancher.

C) La responsabilité

On ne donne pas de travail à un·e manager, mais une direction à suivre. A lui ou elle de trouver la façon d’emmener toute son équipe vers ce cap. Une autonomie voulue par beaucoup mais qui suppose une grande responsabilité, parfois lourde à porter. “D’autant qu’on te demande d’avoir un avis éclairé sur tout et tout le temps, parfois avec très peu d’informations. Tu es le dernier maillon de la chaîne”, relate Lucie Semmau.

Un.e manager est également porte-parole de la direction. Ce qui implique que, parfois, si l’on n’a pas réussi à influencer une décision qui va contre ses principes ou avec laquelle on est en désaccord… il faut malgré tout la défendre auprès de son équipe. La rançon du succès.

Nous voilà arrivés au bout de cet aperçu du rôle de VP Engineering. On espère que cette plongée dans les coulisses t’aidera à y voir plus clair et à prendre les bonnes décisions.

Ce qu’on a retenu en réalisant cet article :

- Le management n’est pas la seule voie de progression possible. Ce parcours est épanouissant pour les personnes plus attirées par la stratégie et la gestion d’équipe que par l’expertise technique.

- Etre VP Engineering, c’est porter à la fois une casquette de manager, de recruteur et de responsable de la stratégie

- Plus on monte en hiérarchie, moins les compétences techniques sont importantes et plus les soft skills (notamment la capacité de communication) prennent de l'importance.

- On ne se “fait” pas VP Engineering en solo. La faculté à s’entourer, à apprendre en permanence et à aller chercher des connaissances ailleurs est clé.

- C’est un poste d’influence… mais qui ne convient pas à tous les types de personnalités

Pour aller plus loin sur le sujet :

No items found.